Poser le milieu comme primordial soulève toutefois les conditions et la nature de celui-ci. En effet, dès la conception de l’espace, de l’environnement, sont posées les balises de ce qu’il pourra permettre, offrir ou au contraire, empêcher. Ceci est vrai pour les espaces clos, privés, mais également pour l’espace que chacun traverse chaque jour : le quartier, la rue, l’espace public que d’aucuns se partagent quotidiennement. Géraldine Brausch, Master en Philosophie Politique, qui poursuit une thèse de doctorat sur les liens entre l’espace et les rapports de pouvoir, le pose d’emblée : « L’espace n’est pas neutre. Aménager un espace, c’est poser un acte politique. » Citant Henri Lefebvre, elle poursuit : « L’espace est politique. L’espace n’est pas un objet scientifique détourné par l’idéologie ou par la politique : il a toujours été politique et stratégique. S’il a un air neutre, indifférent par rapport au contenu, donc « purement » formel, [...] c’est précisément parce qu’il est déjà occupé, aménagé, déjà objet de stratégies anciennes, dont on ne retrouve pas toujours les traces. L’espace a été façonné, modelé, à partir d’éléments historiques ou naturels, mais politiquement ». (Baumans-Deffet & Brausch, 2008).


L’Éducation Nouvelle en Mouvement

Réflexions, questions & mises en perspective

«  Espace(s) à penser »
Décembre 2014