AGIR DANS L’ÉDUCATION, TRANSFORMER LA SOCIÉTÉ

Les CEMÉA entendent contribuer à la construction d’une société fondée sur l’égalité, la justice, la solidarité, l’émancipation individuelle et collective, la liberté, la mixité et l’ouverture à l’altérité. À travers leurs actions, les CEMÉA affirment des choix pour l’éducation. Ils interrogent les rapports de domination et luttent contre tout déterminisme social, contre toute exclusion ou injustice, contre toute forme d’obscurantisme. Ils militent pour le développement d’un esprit critique et la liberté d’expression.Les CEMÉA revendiquent des pouvoirs publics qui reposent sur l’intérêt collectif et qui se structurent en institutions au service de la société civile. Ils affirment la primauté de l’humain sur les logiques marchandes et l’existence de biens communs inaliénables. L’Éducation en est un. Elle constitue un outil d’action, de transformation personnelle et sociétale.

Une participation de la JEUNESSE à la vie de la cité

Toutes et tous les jeunes doivent avoir un accès égalitaire à des conditions de vie décentes, à la mobilité nationale et internationale et à un emploi de qualité, facteurs indispensables d’autonomie. Aussi, les CEMÉA défendent une politique inclusive qui soutient la pleine participation des jeunes à la vie de la cité. Cette participation nécessite un travail éducatif avec des groupes de jeunes, soutenu par un regard positif qui les considère comme des personnes à part entière et en devenir, riches de potentialités, plutôt que comme une classe d’âge potentiellement dangereuse, voire délinquante, donc à surveiller. Il s’agit de soutenir l’émergence de paroles et d’actions créatives, de renforcer leur pouvoir d’agir, de valoriser des lieux d’expérimentation et de constructions collectives impliquant l’accès libre à tous les espaces publics et non uniquement à des lieux confinés qui leur sont dédiés ou réservés.

Laisser le temps à l’ENFANCE

Pour les CEMÉA, l’enfance constitue un temps de construction d’une autonomie d’agir et de penser, de la maîtrise de l’environnement et du développement de la confiance en soi.C’est un temps privilégié d’expérimentation motrice, intellectuelle et sociale. Ainsi, les CEMEA soutiennent que chaque enfant, dès la plus petite enfance, ait le droit et l’accès à une place en milieu d’accueil collectif. Ils insistent pour la reconnaissance du rôle sociétal des crèches et le déploiement en leur sein de projets pédagogiques de qualité.Les CEMÉA dénoncent la stimulation à outrance des enfants, notamment celle émanant des industries du divertissement, du marketing voire de l’école ou de la famille.Ils revendiquent que l’éducation soit considérée comme un processus continu relié à l’intérêt de l’enfant et soutenant son désir. Il ne peut s’agir de l’accumulation successive et passive d’une somme d’aptitudes et de comportements.Ainsi, les CEMÉA militent pour laisser le temps à l’enfance : temps pour expérimenter, temps pour exister seul et avec d’autre.

Pour une CULTURE ÉMANCIPATRICE et initiatrice de changement

Les CEMÉA revendiquent la démocratie culturelle en tant que facteur essentiel d’émancipation individuelle et collective. Elle est une démarche éducative, inscrite dans le champ politique en tant que miroir de la société, mode d’expression, de contestation et donc de transformation sociale. La culture doit s’envisager au-delà d’un « objet de consommation (même intelligente) mais comme terrain social de participation » (Marcel Hicter). Elle doit permettre à chacun, chacune des démarches indispensables et complémentaires, à la fois d’accessibilité et d’appropriation des biens et des institutions culturelles, mais aussi à l’expression et à la création culturelle.En démocratie, la culture ne peut se contenter d’être labellisée par l’État, les CEMÉA militent pour considérer et valoriser l’expression culturelle du plus grand nombre au départ de leurs réalités.

Pour des TEMPS LIBÉRÉS

Les CEMÉA militent pour la reconnaissance du sens éducatif des temps libérés et revendiquent le droit effectif aux vacances et aux loisirs pour tous et toutes. Le temps libre doit rester un moment privilégié de découverte, de construction, de création, de plaisirs et non un moment à rentabiliser, forcément utile et instrumentalisé au bénéfice d’une employabilité immédiate ou future.Les CEMÉA valorisent chaque moment de la vie quotidienne avec une égale attention. Ces moments participent de la construction des individus et des collectifs.Les CEMÉA promotionnent le volontariat et l’éducation non formelle tout au long de la vie comme des vecteurs d’émancipation, d’action critique, de développement de l’autonomie et de renforcement de la confiance en soi et de l’esprit critique sur les plans individuels et collectifs.

La SANTÉ : l’urgence de la prise en compte du sujet

Face aux difficultés et souffrances de chacun, de chacune, les CEMÉA affirment que la prise en compte de la personne dans sa globalité et dans sa complexité, en tant qu’actrice principale de ses soins, est un principe de base de toute intervention. Les dispositifs de soins doivent (re)créer des possibles, des ouvertures dans la vie d’une personne ou d’un groupe.L’État doit assurer la santé publique et garantir le droit à la santé pour toutes et tous. Les CEMÉA militent pour que la santé ne soit posée ni comme un produit de consommation, ni comme un outil de contrôle social. Chacun, chacune, doit pouvoir disposer de sa vie et de son corps, et doit avoir accès à la contraception et à l’avortement.Les CEMÉA revendiquent que la personne ne soit pas réductible à ses troubles ou à sa maladie. La simple application d’un protocole est inadéquate et les soins nécessitent un lien ajusté à l’individualité de la personne en s’inscrivant dans son histoire familiale et culturelle.Particulièrement, dans le champ de la Santé Mentale, les CEMEA soutiennent l’existence de dispositifs de prises en charge et de soins non-aliénants afin d’éviter toute rupture du lien social. Les CEMÉA dénoncent les mécanismes qui relèguent le « fou » dans la rue ou dans les prisons.

Une ÉCOLE qui éduque autant qu’elle enseigne

Les CEMÉA défendent une école publique, mixte, accessible à tous et toutes, gratuite, laïque, où l’esprit critique peut se construire et s’exercer hors de tout dogme. L’école doit être un lieu d’émancipation et non de reproduction sociale.Elle doit être dégagée des enjeux de concurrence et ne peut être soumise aux lois du marché.À tous les niveaux d’enseignement, du préscolaire à l’université, l’école se doit de favoriser l’usage et l’apprentissage de processus démocratiques. Ceux-ci doivent s’exercer à travers l’expression, la confrontation, l’analyse et la prise de décisions individuelles et collectives, en associant l’ensemble des acteurs et actrices de l’école.Les CEMÉA soutiennent que l’école a pour missions d’enseigner et d’éduquer. Sans nier l’importance de la transmission de savoirs, ils revendiquent la place de l’activité artistique, physique et de la vie collective dans l’école. Ainsi, les CEMÉA considèrent que, y compris à l’école, l’éducation active constitue un moyen privilégié pour cultiver le désir de connaître, de comprendre et de réfléchir, et qu’elle renforce le vivre ensemble.

Pour une éducation à l’ÉGALITÉ DES GENRES

Des assignations discriminantes de genres sont posées aux individus dès le plus jeune âge. Ces assignations ne permettent pas à chacun, à chacune, de se construire librement. Pour favoriser l’émancipation, les CEMÉA revendiquent la nécessité d’un travail de prise de conscience et de déconstruction de ces assignations, ainsi que des stéréotypes et rapports sociaux sexués qui les sous-tendent.L’éducation à l’égalité des genres doit être développée. Elle concerne tant les enfants que les adultes sur plusieurs terrains : la famille, les milieux d’accueil et d’éducation, les organisations et les instances politiques. Les CEMÉA dénoncent et combattent les discours idéologiques, religieux ou pseudo scientifiques véhiculés au service de modèles sociaux et culturels niant l’égalité des genres. Les CEMÉA affirment que la simple parité ne suffit pas à mettre en place une réelle égalité de droits, puisqu’elle constitue une injonction supplémentaire réduisant à nouveau la personne à son sexe.

Pour plus d’informations, contact cemea.be