Notre crainte est de voir l’école actuelle, dans notre système, utiliser l’argument du soutien à une population fragilisée comme prétexte pour des transformations bien moins louables de l’école maternelle pour tous, instrumentalisant celle-ci non au bénéfice de l’enfant, mais au profit d’une meilleure adaptation de l’enfant à l’institution scolaire. S’agit-il en effet de faire grandir l’enfant ou de le faire « réussir » ? La course à la réussite qui se renforce ces dernières années tend à occulter les intérêts du bénéficiaire premier de l’enseignement : l’enfant. Notre présence sur le terrain, les témoignages recueillis lors des groupes d’échange entre enseignant-e-s, notre présence dans certains colloques et nos pratiques quotidiennes avec des enseignant-e-s sur le terrain des classes confirment nos craintes.