Comme le mouvement le porte dans son nom, le festival est aussi un centre d’entraînement et un laboratoire d’expérimentations. Et cette année 2026, nous célébrons la première décennie du festival ! Pour cette occasion : une nouvelle affiche, toujours par Brecht Evens. On change, mais on garde notre identité et on y ajoute toujours plus de couleurs et de convivialité. L’affiche met en avant l’une de nos spécificités, très chère à notre cœur, le cercle de chaises1. Autre nouveauté, le festival a accueilli pour la première fois une conférence gesticulée qui a mêlé les thématiques de l’école et de l’égalité des genres dans un format différent de celui attendu d’un festival de films. Une conférence qui a été plébiscitée par le public. Nous avons aussi terminé le festival par une clôture dansante, un moment de détente et de convivialité, avec nos volontaires et les adeptes du festival venu-e-s fêter cette édition, malgré le contexte politique et social pas toujours en notre faveur.

Organiser un festival de films d’éducation, promouvoir la culture et son accessibilité dans le contexte actuel n’est pas aisé, surtout quand on veut le maintenir gratuit ! Lors de la préparation de cette édition, nous avons ainsi vu des maisons de productions belges avec lesquelles nous avions l’habitude de travailler fermer leurs portes ou fonctionner en équipe réduite.
Si parler de sujets de société est inscrit dans le cœur de notre programmation depuis les débuts du festival, c’est aussi pour cela que nous avons décidé de mettre en avant dans cette édition des thématiques très ancrées dans notre réalité socio-économique. Nous avons ainsi invité Christine Mahy, secrétaire du Réseau Wallon de Lutte contre la Pauvreté et Geoffroy Carly, Directeur des CEMÉA-Éducation permanente, lors de la soirée d’ouverture. On y a parlé droit à l’aisance, de luttes sociales. Il a aussi été question de culture, d’expressions culturelles et d’éducation permanente. L’expression culturelle des individus c’est de pouvoir créer, mais aussi critiquer le monde pour le rendre transformable. Mais comment alors permettre aux expressions culturelles d’exister, surtout dans les temps qui courent ? Car les temps sont durs pour la culture. Pas parce que ça coûterait cher, pas parce que ce serait accessoire. Les temps sont durs pour la culture parce qu’elle dérange. La culture que l’on envisage, celle qui décrit le monde et donc ses injustices, ses dérives, ses paradoxes… celle qui met les questions de société en débat, celle qui élabore des alternatives ou celle qui propose de nouvelles utopies à la société d’aujourd’hui. La culture que l’on envisage aux CEMÉA, elle est politique car elle est engagée et vise le progrès pour toutes et tous.

Il est vrai qu’il peut parfois être difficile de trouver de l’espoir dans un contexte social et politique aussi tendu, le cinéma étant souvent un reflet de ce qui se passe dans nos sociétés, en trouver des sources peut s’avérer ardu.

Nous avons porté notre regard sur des portraits divers de la jeunesse, qui a d’ailleurs bien souvent soif d’idéal. Ainsi, beaucoup des protagonistes des films étaient des enfants, des ados, de jeunes adultes. Se mettre à hauteur des enfants comme dans « Le château indestructible » de Danny Biancardi, Virginia Nardelli et Stefano La Rosa. Être invité-e-s à visiter leur monde imaginaire qui entre en collision avec la réalité de leur vie dans un quartier excentré de Palerme a été un moment de grande émotion, mais aussi rafraîchissant pour le public. Et n’est-ce pas un peu ce que l’on vient chercher à SOIF D’IDÉAL ? Un moment pour se plonger dans le monde réel ou fictionnel de l’Autre, que ce soit un enfant, un-e ado, un-e adulte pour nourrir ou laisser à nouveau exister en nous notre monde imaginaire, tout en le confrontant à d’autres lors des échanges ?

Cette année, les échanges ont une fois de plus été un succès, l’écart entre le nombre de spectateur-trice-s lors de la projection d’un film et le nombre de personnes participant ensuite à l’échange était très faible. Ce qui nous conforte dans notre manière de proposer et d’animer le festival. Les retours sur les échanges sont très positifs, que ce soit du public, mais aussi des intervenant-e-s et réalisateur-trice-s présent-e-s à notre festival, notamment la liberté de parole qui a amené des questions ou réflexions jamais encore entendues par les personnes venues présenter leur film. Dans le public, pour la deuxième fois, le festival a accueilli des spectateur-trice-s particuliers-particulières, avec les jeunes de l’école secondaire Plurielle Maritime de Molenbeek. Ils-elles ont pris, durant toute la semaine, une casquette de jeunes critiques, accompagné-e-s par des membres de l’équipe des CEMÉA et conseillé-e-s en amont par Adrien Corbeel, rédacteur en chef de la revue Surimpressions, lors d’une rencontre pour parler du métier de critique de cinéma et de ses rouages. Leurs critiques ont été mises en avant dans l’enceinte du festival et seront bientôt disponibles sur notre site dans la rubrique du Festival.

Sinon, un festival c’est aussi des imprévus et la dixième édition n’en a pas été dépourvue… Avec la grosse frayeur d’un vidéoprojecteur qui tombe en panne en pleine journée, alors qu’il reste une journée et demi de festival à assurer ! Une solution de fortune s’est mise en place le temps de trouver une formule plus viable. L’équipe a activé tous ses contacts et, heureusement, nous avons pu bénéficier de l’aide généreuse du centre culturel de Berchem- Sainte-Agathe et avons pu poursuivre le festival avec une seule séance annulée.
Pour la deuxième année, les groupes « Animation » et « Formation à l’animation » des CEMÉA ont organisé un moment de rencontre autour d’un repas à la suite de la diffusion d’un film sur la thématique de l’animation en séjour : « La vallée des papillons », filmée dans un centre de vacances Ceméa en France. Les personnes présentes ont eu l’opportunité de discuter avec les co-réalisateurs, dont l’un est coordinateur du séjour et formateur aux Ceméa France. L’occasion de prendre un temps autour des pratiques et valeurs communes que nous mettons en action dans nos différents lieux d’animation.

Le festival, c’est aussi un lieu de rencontres et de retrouvailles pour les volontaires du mouvement. Que ce soit pour venir voir des films, participer ou encadrer des échanges, donner un coup de main au bar et à l’accueil, ou encore prendre part à la sélection des films et à l’organisation en amont du festival, SOIF D’IDÉAL est aussi un lieu où l’engagement est possible !

[1] -Voir page 2.
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