
1 - LE JEU UNE EVIDENCE PEDAGOGIQUE
Depuis toujours, le jeu est une composante essentielle des actions menées aux CEMÉA. Il permet notamment de créer du lien, de construire du collectif, d’apprendre autrement et de se découvrir dans un cadre non compétitif.
« Le jeu est fondamental, surtout dans les groupes très diversifiés. Il permet à chacun-e d’avoir les mêmes chances. »
– Marie-Louise –
« Si l’activité peut prendre diverses formes (ludique, manuelle, corporelle, théâtrale, de découverte du milieu…), ce n’est ni faire s’agiter les individus ni donner à consommer des activités. Il s’agit de permettre à chacun-e de s’engager pleinement, de vivre différents modes d’expression, de s’aventurer, d’expérimenter, de prendre du plaisir… Être en activité, c’est donc sérieux ! La pratique mobilise les êtres globalement, nécessite de l’engagement et soutient le développement de la capacité d’agir des individus et des groupes. »
– Extrait du manifeste des CEMÉA –
- Une constante : jouer pour apprendre, jouer pour vivre
Tous-toutes les intervenant-e-s interrogé-e-s partagent une conviction forte : le jeu n’est pas accessoire, il est une activité à part entière. Il permet la rencontre, la création du collectif, l’expression de soi, la mise en mouvement, la joie.
Jonathan y voit un révélateur de personnalités et un outil puissant pour travailler la dynamique de groupe. Pour Mattéo, le jeu est multiple et permet un cadre d’exploration de soi et des autres : « Jeu » est un terme tellement vaste qu’il englobe vraiment beaucoup d’activités et jouer à…, faire comme si…, permet parfois de faire des choses qu’on ne ferait pas dans un autre cadre, par peur ou manque d’opportunité, ça permet de construire un lieu de tous les possibles, de toutes les expériences et de toutes les envies. Expérimenter la vie de groupe et l’espace de chacun-e en jouant ou en étant dans une salle de classe n’aura pas le même effet. Ainsi, le jeu permet d’expérimenter la vie, dans une dynamique moins « sérieuse ».

2 - POURQUOI ON JOUE AUX CEMÉA
- Sortir, être actif-active
La nature, le plaisir, l’activité physique sont des notions qui font commun parmi les personnes interrogées sur leur rapport au jeu aux CEMÉA. Que ce soit en tant que participant-e ou en tant que formateur-formatrice/animatrice-animateur, le fait que le jeu se passe en extérieur, dans les bois semble être un élément essentiel du souvenir et du plaisir qui y est associé.
Yannoé et Hélène mettent en avant les jeux à l’extérieur comme un moment de respiration dans la formation, « s’aérer les méninges » en parallèle d’activités plus réflexives.
Lucas explique que le jeu requiert que les participant-e-s soient actifs et actives. Jouer implique nécessairement les personnes, peu importe la manière dont elles décident d’investir le jeu. Regarder un film peut être une manière de prendre du plaisir à plusieurs, mais ce n’est pas du jeu, dans le sens où ce ne sont pas les participant-e-s qui sont au cœur de l’action. L’élaboration du jeu et ses possibilités d’exploration vont être directement liées à l’investissement des personnes qui le composent.
- Prendre du plaisir
Les temps de jeu sont bien souvent l’occasion de prendre du plaisir ensemble. Luce, de son point de vue de participante à des formations, pointe que « c’était nouveau pour moi de jouer (autant) avec presque exclusivement des adultes. J’ai vraiment adoré ça surtout les jeux extérieurs où j’avais l’impression que tout le monde était euphorique (grands éclats de rire…), c’était jouissif. »
Georgianne témoigne également de cette dimension du plaisir : « On joue, car le jeu permet plusieurs choses, il permet de prendre du plaisir, bouger son corps, créer une cohésion d’équipe, être à l’écoute des uns et des autres, inclure les envies de chacun-e dans le jeu, etc. Je pense que le jeu est complet et permet de passer de bons moments en groupe. »
Il s’agit de faire vivre cette culture du jeu propre aux CEMÉA, où le plaisir de jouer est pleinement assumé, sans arrière-pensée instrumentale.
« Un jeu est un jeu. L’objectif, c’est de jouer,pas de proposer un support à la réflexion. »
Lionel -
- Évacuer des tensions
L’idée d’utiliser le jeu comme espace de transformation des dynamiques de groupe et d’externalisation des tensions transparaît dans les divers témoignages de formateur-trice-s et animateur-trice-s de plaines et séjours. Quel que soit l’âge du public, faire collectif n’est pas sans embûche et des rapports de pouvoir peuvent s’immiscer au sein des groupes. Gaëtan nous explique que via le jeu, on peut « intervenir sur la dynamique du groupe en permettant des confrontations “codifiées” », Stéphanie quant à elle, parle de « régler ses comptes et trahir une personne de l’équipe ».
Le jeu permet donc aux personnes animées de prendre un rôle, une fonction autre que celle occupée dans le groupe pour exprimer ou faire des choses qu’elles ne se seraient pas autorisées dans un autre temps d’activité.
- Rencontrer l’autre
Au-delà d’apaiser des tensions, le jeu permet de se rencontrer autrement. Faire commun au-delà des affinités précédant la formation, créer des amitiés nouvelles. Souvent, les équipes se constituent par affinités dans un premier temps. Yannoé met en avant l’intérêt de diviser le collectif en sous-groupes de manière plus arbitraires afin de créer de nouvelles dynamiques. Il est par ailleurs intéressant d’en parler, de réfléchir par la suite aux effets de ces variations.
Il existe d’autres manières de créer des connivences dans le groupe, notamment par le biais des aptitudes physiques ou du vécu à l’égard du jeu en question.
Enfin, les règles et le cadre des jeux peuvent faciliter les rencontres pour certaines personnes comme l’exprime Yannoé : « Quand on n’a pas toujours les codes pour savoir comment être avec les autres, le jeu et ses règles viennent poser un cadre et interagir sur les relations parce que les choses y sont normées. »

3 - VIVRE ET ANIMER LES JEUX, DES POSTURES DIFFÉRENTES
Selon que l’on soit animé-e, enfant ou ado, animateur-animatrice, coordinatrice-coordinateur ou formateur-formatrice, le vécu et la posture occupée dans le jeu seront différents.
Lorsqu’on interroge sur les jeux préférés à vivre et animer, les réponses sont souvent bien différentes. Les raisons divergent, parfois motivées par la plus ou moins bonne maîtrise des règles, par ce qu’il procure quand on y joue ou ce qu’il produit dans le groupe et ce que l’on ressent en observant… Le témoignage de Mattéo illustre ce passage d’une posture à l’autre : « Lorsque j’étais animé, je jouais uniquement. Désormais le jeu est devenu un espace plus large, un terrain d’expérimentations, de réflexions et d’apprentissages. Je pense que ce qui a le plus changé, c’est l’idée que les jeux ont un sens, on joue pour jouer, mais pas seulement, et bien qu’on ne s’en rende pas toujours compte, ils permettent autre chose que courir et se défouler. En bref, j’ai un peu “basculé” de l’autre côté, sentant qu’on ne jouait pas pour remplir le temps. »
Georgianne nous parle de son changement de prisme et de besoins auxquels elle fait particulièrement attention depuis qu’elle anime : « Mon regard se porte plus sur la place des jeunes dans le jeu qu’on est en train d’animer. Je fais attention, en choisissant les jeux, à ce qu’un maximum de jeunes soit content d’y jouer. »
Yannoé insiste sur le fait qu’en tant que coordinateur d’une plaine ou d’un centre de vacances, sa posture et les enjeux de sa fonction vont être différents. Il se concentrera davantage sur l’accompagnement des animateurs-animatrices dans la maîtrise des règles, l’apprentissage des jeux ou encore la prise de parole face à un groupe d’enfants.
- Apprendre à jouer
Pour beaucoup, jouer ne va pas forcément de soi. Il faut réapprendre à jouer, à animer, à sentir ce que le jeu provoque dans un groupe. Cela suppose du temps, de l’observation, et des espaces de discussion. Lionel et Lucas soulignent le fait que le jeu n’est pas inné, mais plutôt le fruit d’un apprentissage, d’une socialisation qui n’est pas simple pour tous et toutes. Selon Lucas, « le jeu est une conversation, une communication dont il faut apprendre le langage pour y participer. »
4 - UNE CULTURE À TRANSMETTRE
Pour pouvoir apprendre le média du jeu dans ses diverses formes, cela « implique de maîtriser des codes précis » une phase qui selon Lucas « n’est pas toujours associée au plaisir. » De sa position de formatrice, Stéphanie évoque aussi la difficulté grandissante de certains participant-e-s à comprendre les règles ou à s’investir dans la dynamique de jeu. Il y a là un enjeu de transmission, de réappropriation et de pédagogie autour du jeu.
- Le jeu comme culture partagée
Au fil des témoignages, ce qui ressort, c’est que le jeu fait culture. Il unit, rassemble, crée des souvenirs communs. Jonathan souligne que dans les rencontres internationales, c’est le chant et le jeu qui permettent la reconnaissance entre membres du mouvement. Lionel parle du jeu comme d’un « pilier des pratiques culturelles des CEMÉA », au même titre que le chant ou les activités d’expression.
Yannoé et Georgianne témoignent de cette dimension culturelle du jeu qui se transmet : « certains jeux font partie de l’âme des CEMÉA et parallèlement, font partie de ce que j’ai vécu en tant qu’enfant » et devient source de commun : « le jeu permet également, comme mon témoignage le prouve, de créer des souvenirs. »

5 - LES FICHIERS JEUX : STRUCTURER SANS FIGER
La création des fchiers jeux a marqué un tournant dans la pédagogie du jeu aux CEMÉA. Nés d’un besoin d’harmonisation, ils ont permis de construire un socle commun, structuré et balisé. Jonathan souligne la rigueur du travail : chaque fche détaille les variantes, les conditions d’animation, les tranches d’âge. Ce travail a permis de créer un véritable bagage commun, tout en suscitant une réflexion de fond sur le sens des jeux.
Pour beaucoup, ces fichiers sont une référence précieuse et une tracedu bagage professionnel acquis durant les formations. Cependant, leur usage mérite d’être nourri par une pratique vivante, par du vécu et de l’observation, et non simplement par une application standardisée des consignes.
Les fichiers proposent un cadre aux animatrices-animateurs qui régit la transmission et l’apprentissage des jeux. Hélène le souligne dans son témoignage : « Lorsque l’on propose des jeux, il me semble qu’ils sont tous possiblement reproductibles sur le terrain, en tout cas, ceux issus des différents fichiers. Ce qui importe, c’est de les accompagner d’une réflexion sur la manière de pouvoir les amener et les animer. Il faudra être attentif-ve aux aménagements, à la temporalité, à la progression des jeux proposés au fil de l’action, au nombre de participant-e-s, aux dynamiques du groupe, à la place de l’animateur-trice… »
Gaëtan rappelle que cette structuration visait aussi à éviter certaines dérives, comme proposer des jeux trop complexes à de jeunes enfants ou à des tailles de groupes inappropriées. Simon, lui, voit dans les fichiers une garantie de fidélité aux règles d’origine, pour respecter la mécanique du jeu.
6 - DES JEUX EMBLÉMATIQUES...
Certains jeux sont devenus emblématiques : « Le gant sur la chaise », « Les trois pas », « Aimes-tu tes voisins ? »… Ce sont des jeux simples, inclusifs, accessibles. Ils sont devenus des rituels, des incontournables des stages de base.
Cette culture se reflète dans les témoignages, il y a des classiques aux CEMÉA !
Les raisons pour lesquelles ces jeux sont considérés comme « classiques » ou emblématiques varient. Tout d’abord, ce sont des jeux où chacun-e peut trouver sa place quelles que soient ses capacités, c’est fort probablement la raison la plus évoquée et qui traverse les générations de formatrices-formateurs et animateurs-animatrices aux CEMÉA comme le résume Marie-Louise : « Ce sont des jeux où chacun-e peut trouver sa place, même si on n’est pas doué-e avec un ballon. ».
Les grands jeux et les jeux de soirées sont aussi cités comme des classiques des CEMÉA. Mattéo et Georgianne mettent en avant le fait que ce sont des jeux qui rassemblent, souvent joués en grand groupe ou par petits groupes mélangés qui permettent de sortir de son groupe affinitaire.
Les jeux « emblématiques » sont attendus par les jeunes d’année en année. Mattéo prend l’exemple du grand jeu Renard-Poule-Vipère qui lui semble être « le classique des classiques, un jeu que tout jeune ” CEMÉISTE ” a déjà demandé à son animateur lorsqu’il sent que le séjour touche à sa fin ». Au-delà de la récurrence, de l’appréciation ou encore de la liberté qu’ils procurent, Georgianne, ajoute que « ces jeux n’ont pas vraiment de variantes, on y joue à chaque fois de la même manière, c’est ça qui les rend classiques. »
Témoignages de participant-e-s e formation de base pour accueillant-e-s ATL :
« J’aime bien les jeux de groupe un peu mystérieux ou de réflexion »
Madison, 34 ans -
« Les jeux d’équipe où il faut développer une stratégie sont mes préférés. »
Océane, 27 ans -
« Les petites gares, j’aime ce jeu, car il est joué à plusieurs, le train qui passe d’une gare à une autre permet de voyager et de découvrir les gares créées par les autres participants. C’est un jeu collectif dans lequel les enfants bougent et font du bruit. »
Marianna, 49 ans -
« J’aime bien la chaise musicale parce que c’est un moment de solidarité entre le groupe et je remarque que toute l’équipe veut que chacune de nous prenne sa place. »
Essofi, 55 ans -
7 - DES PRATIQUES QUI EVOLUENT
- La place du jeu dans les formations
Avec les années, les pratiques de jeu ont changé. Le temps consacré au jeu dans certaines formations a parfois diminué, notamment au profit de contenus plus formalisés. Avec l’évolution et la diversification des thématiques de formations, les impressions changent, Lionel a « l’impression qu’on prend moins de temps pour jouer, puisque ça fait moins partie de l’objet de la formation. »
Maintenir les jeux, c’est une posture à tenir, un choix à défendre. Selon Yannoé, « les jeux c’est très facile de vouloir les retirer, de se dire que ce n’est pas vraiment du contenu de formation. On est là pour une thématique particulière. Et pourtant, non, c’est important. »
Les jeux ont leur place dans toutes nos formations pour ce qu’ils permettent, ce qu’ils ouvrent comme espaces de rencontre, de plaisir, de spontanéité dans un monde de plus en plus cadenassé par les contenus, compétences et autres impératifs normatifs.
- Des nouveautés
De nouveaux jeux apparaissent aussi, souvent portés par les formateurs-formatrices eux-elles-mêmes, issus de souvenirs d’enfance ou d’expériences internationales. Ils enrichissent les pratiques et renforcent la dimension de partage.
En parallèle, les jeux de société prennent aujourd’hui plus de place, comme le constatent Lionel, Lucas et Simon. Ils deviennent des leviers pour la dynamique de groupe, notamment en soirée. Cette évolution reflète aussi une mutation sociétale, où ces jeux sont plus populaires qu’auparavant. Lucas lie cette montée en puissance des jeux de société à un nouveau marché économique « dans un monde où le loisir est central, la consommation de divertissements est un enjeu économique majeur. Le nombre de jeux de société édités chaque année n’a jamais été aussi élevé ». Il souligne aussi que le jeu vidéo est la première industrie de divertissement devant le cinéma.

- Continuer de jouer avec des adultes
Si le jeu de société est vu comme une pratique familiale ou encore entre ami-e-s dans des « bars à jeux » ou « soirées jeux de société », le jeu de groupe (sans un plateau de jeu, des cartes ou autre support extérieur aux personnes) est fortement considéré comme une pratique enfantine dans la société. Ce qui amène parfois certain-e-s participant-e-s à se sentir infantilisé lors des jeux en formation.
Simon note que « Le jeu est parfois perçu comme un retour en enfance » et pas conséquent, les apports du jeu que nous avons évoqué en début d’article ne font pas de suite sens pour les adultes animé-e-s.
On peut lier cela au fait que les publics aussi ont évolué : plus âgés, parfois en parcours de réinsertion, ou moins à l’aise avec les codes du jeu collectif. Certain-e-s ne jouent plus depuis longtemps.
Pour autant, ces premières appréhensions semblent vite se dépasser une fois que le groupe s’entraîne mutuellement dans le plaisir de jouer ensemble.
- Du rapport au corps dans les jeux
Si l’importance du jeu reste ancrée dans les valeurs des CEMÉA, certaines dimensions du jeu prennent une autre importance au vu des évolutions sociétales sur le rapport au corps et au consentement par exemple. Les formatrices-formateurs notent une professionnalisation croissante des stagiaires, parfois moins enclins-enclines à jouer ou moins à l’aise avec leur corps. Marie-Louise rappelle qu’on ne parlait pas de consentement auparavant, là où aujourd’hui on réfléchit davantage à la place du corps, aux limites de chacun-e.
Cette question du consentement, du rapport au corps et aux contacts physiques amène les équipes à réfléchir différemment à certains jeux, sans pour autant en exclure le plaisir ou la spontanéité.
Simon évoque également ce basculement : « certains jeux, où les corps se touchent, deviennent sensibles et peuvent mettre mal à l’aise ». La vigilance, aujourd’hui, fait partie intégrante de l’animation. Farida nuance : pour elle, le jeu par définition doit rester un espace libre, où chacun-e peut choisir de participer ou non. Elle insiste sur le pouvoir d’émancipation que le jeu donne aux adultes, parfois oublié, parfois révélé au fil des stages.
Pour Yannoé, le sentiment de malaise peut aussi être dû à des projections sur la personne avec qui on se retrouve en contact physique dans le jeu qui parfois ne sont pas fondées.
Le fait de continuer à animer des jeux de tradition, des classiques qui datent d’une époque où le consentement n’était pas aussi prégnant dans la société génère des questionnements chez les formateur-trice-s.
- Des tensions entre tradition et adaptation
Pour la plupart des personnes interrogées, l’enjeu n’est pas de bannir certains jeux, mais de les accompagner, les contextualiser, les discuter. Lucas nous explique que « le jeu est situé culturellement, il est l’expression des valeurs et des enjeux d’une société à un moment donné. C’est ce qu’on appelle l’ethnoludisme. Le fait que le football soit un jeu très populaire dit quelque chose de notre rapport au monde, aux relations et compétences qui sont valorisées par notre société. »
Là où les divergences se font surtout sentir, c’est autour des valeurs. Se pose alors la question de l’intérêt de proposer des jeux qui défendent des rapports aux autres non violents, une société plus juste.
Yannoé nuance en apportant le point de vue des rapports de force entre les enfants ou les participant-e-s qui, malgré le cadre bienveillant que nous posons dans nos lieux, sont toujours là. Avoir sous le coude des jeux qui permettent d’exprimer cette violence avec des règles, un cadre, des rôles, une réciprocité est un outil important pour réguler le collectif et le vivre-ensemble. « Le jeu devient une porte d’entrée pour le dialogue, pour pouvoir poser des mots. ». Il arrive que ce rapport de force soit orienté vers les personnes encadrantes, en dehors du jeu, l’animé-e peut ne pas se sentir à l’aise d’exprimer son opposition. Proposer ce type de dispositif permet ainsi de rééquilibrer certains rapports inhérents au dispositif de formation ou d’animation : « En tant qu’animé, quand est-ce que je vais oser rentrer en conflit avec l’adulte, prendre la parole et dire ce jeu-là ne me va pas ? Ce sont des questions hyper importantes, que les jeunes puissent se demander quand est-ce que je pose mes limites ? Qu’est- ce que j’ai besoin pour pouvoir poser mes limites ? »
Ainsi aux CEMÉA, il n’y a pas de « mauvais jeux » ou de « jeux interdits », à la condition que les personnes qui les animent soient en capacité d’entendre les ressentis des participant-e-s, d’accompagner une réflexion collective et de parfois les adapter aux besoins du groupe. Quels jeux sont appropriés ou non est une question qui ne cessera jamais de se poser pour les encadrant-e-s et à laquelle les réponses sont multiples et contextuelles.
8 - JOUER ENCORE, JOUER ENSEMBLE
Le jeu reste un levier puissant d’émancipation, d’apprentissage et de lien. S’il évolue avec les publics et les contextes, il demeure un outil pédagogique irremplaçable, porteur de valeurs et de plaisir. Pour Lionel « Le jeu est une source d’énergie. Il faut continuer à jouer, vraiment jouer. »
Terrain d’expérimentation, le jeu reste une colonne vertébrale des CEMÉA et c’est à nous de faire vivre cette culture, de la transmettre, de l’actualiser — sans jamais perdre de vue l’essentiel : jouer pour de vrai.

9 - À VOUS DE JOUER
- Le quizz
Choisi la bonne réponse, les solutions se trouvent ci dessous*.
1.Laquelle de ces propositions est correcte ?
A. Poules-Renards-Vipères
B. Renards-Poules-Vipères
C. Vipères-Poules-Renards
2. Les jeux ont-ils leur place dans les formations ?
A. Oui
B. Oui
C. Encore oui
3. Lequel de ces jeux nécessite un ballon ?
A. Le bal masqué
B. La balle masquée
C. Les files qui disparaissent
4. Durant lequel de ces jeux une participante s’est-elle déjà cassé le nez ?
A. Greli-grelo
B. Écureuil en cage
C. Lapin-palmier-éléphant
5. Dans mon corbillon que met-on ?
A. Un saucisson
B. Une pantoufle
C. Un concombre bio
6. Quand on arrive de l’autre côté du terrain sans se faire toucher, on fait :
A. Champagne
B. Campagne
C. Le malin ou la maligne
7. “Sentez ces fleurs”, laquelle ne sent pas ?
A. La tulipe
B. La marguerite
C. La rose
8. Pour gagner il vaut mieux :
A. Courir
B. Marcher
C. Se cacher
9. Qui est agitée ?
A. Ta mère
B. Sa mère
C. La mer
10. Avec lequel de ces jeux es-tu sûr-e de passer une bonne soirée ?
A. Colons de Catane
B. Galèrapagos
C. Kaleido
10 - SERIE DE TÉMOIGNAGE :
https://www.cemea.be/le-jeu-aux-cemea
[ * ] Réponses du quiz : 1B, 2C, 3C, 4B, 5A, 6B, 7C, 8. ça dépend à quoi tu joues, 9C, 10. ça dépend avec qui tu joues
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