Face au taux d’échec scolaire, au nombre de redoublements ou aux résultats des études PISA, un constat s’impose : il est grand temps de s’essayer à faire différemment. Les programmes en parlent et les pédagogues en sont convaincu-e-s : les apprentissages doivent être en lien avec les réalités des enfants ! Les enseignant-e-s sont donc prié-e-s de rendre plus concrets les apprentissages, de leur donner du sens. Tout établissement, même d’enseignement très traditionnel, qui, dans la concurrence du marché scolaire actuel, tente de tirer son épingle du jeu, veut mentionner dans son projet pédagogique « innovant », cet ancrage des apprentissages dans la réalité. Parfois ils se revendiquent de grands pédagogues défendant ce point de vue. D’autres définissent leur école comme étant d’inspiration Truc-muche et Machin-chose ou proposent même une synthèse des pédagogies alternatives. Ça devient presque une mode ! Aussi, entre enseignant-e-s, on se partage volontiers un fichier avec une méthode ou des trucs et astuces pour arriver à mobiliser les élèves. On voit donc fleurir des intentions louables, de l’envie de faire différemment. Pourtant, si on gratte un peu, les apprentissages proposés sont fréquemment des réalités imposées ou fantasmées, des choix d’élèves influencés par les adultes. De nombreux cas peuvent illustrer ces différentes tentatives manquées, laissant les élèves sur le banc de touche.

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