Mais si l’animation peut être synonyme de plaisir, elle est avant tout le résultat d’une démarche pédagogique et d’une réflexion individuelle et collective. Car les animateurs et les animatrices sont des professionnel-le-s de l’éducation, au sens large du terme.
Le jeu par lequel l’animatrice entamera l’après-midi, la place que l’animateur prendra à table lors du repas, les couleurs qu’il proposera pour l’atelier peinture, les outils qu’elle mettra à disposition pour construire des radeaux… tous ces choix à poser ne le seront pas par le fruit du hasard : ils résulteront d’intentions pédagogiques précises.

Ces intentions ont un sens. Elles se fondent sur l’observation des enfants que l’animatrice ou l’animateur a dans son groupe : quels sont leurs besoins, leurs envies, leurs difficultés, comment se passent leurs interactions… ? Elles s’appuient sur le milieu dans lequel le groupe est accueilli : y a-t-il un espace boisé pour construire des cabanes, où se trouve la rivière, le local est-il assez grand pour proposer un atelier bois… ? Elles sont également en lien avec la durée du centre de vacances, les conditions météorologiques ou encore le matériel et le mobilier disponibles. Tous ces éléments sont à prendre en considération pour proposer aux enfants et aux jeunes des journées de vacances collectives les plus agréables possibles, pour leur donner du plaisir à jouer ensemble, découvrir, expérimenter, créer.

Et il est rare que les conditions dans lesquelles s’organise un centre de vacances soient idéales pour les équipes : il n’y a pas toujours d’espaces verts à proximité, les locaux sont parfois trop petits ou pas assez lumineux, le matériel mis à disposition peut être insuffisant ou en mauvais état, le mobilier n’est pas toujours à hauteur d’enfants… 

Pour les animateurs-animatrices, donner du sens à leur action en tenant compte de ces conditions, nesignifie pas qu’elles leur conviennent, mais elles sont là, elles existent, elles font partie intégrante du centre de vacances et on n’a pas le choix que de « faire avec » pour pouvoir faire au mieux.
Alors les équipes d’animation préparent, réfléchissent, aménagent les lieux pour que les locaux de l’école où se déroule la plaine de vacances ne ressemblent plus à des classes, ou pour que le local de sieste des plus jeunes soit le plus loin possible des espaces de jeux, ou encore pour pouvoir mettre des livres à disposition des enfants durant tout le séjour en construisant une bibliothèque en palettes de récupération. Les équipes 
font l’inventaire du matériel disponible, vont acheter ce qui manque quand c’est possible, utilisent le plus souvent des matériaux ou des objets de récupération… pour que les enfants puissent donner vie à des créations insolites, se déguiser avec de vieux vêtements, faire de la peinture ou construire des marionnettes.

Les animateurs et les animatrices partent en repérage dans les environs, pour voir où pourraient s’organiser un pique-nique, un grand jeu dans les bois, une baignade ou encore un jeu de piste dans la ville. Bien avant le début de la plaine ou du séjour, certain-e-s révisent des consignes de jeux, relisent les paroles des chants, d’autres s’entraînent à construire un cerf-volant ou à manipuler des outils de menuiserie, dressent la liste de ce qu’il faut prévoir si l’on veut proposer une activité d’expression en vertical, choisissent des histoires à lire aux tout-petits...
Toute cette préparation, toutes ces intentions pédagogiques, ne visent qu’une chose : pouvoir répondre aux besoins des enfants le moment venu. Pouvoir rebondir sur leurs envies, proposer une activité qui leur corresponde dans l’ici-et-maintenant... et les accompagner au mieux dans cette activité. 

Bien sûr, malgré tout le soin donné à la préparation du centre de vacances, il arrivera que l’animateur ou l’animatrice soit parfois déconcerté-e par les demandes des enfants. Qu’elle se perde dans les consignes d’un jeu ou les paroles d’une comptine... Qu’il ne sache plus comment construire un arc-à-flèches ou faire un bracelet brésilien… Mais ce n’est pas grave : il ne s’agit pas d’être parfait-e. Il s’agit d’être à l’écoute, disponible et créatif-ve, d’accepter en tant qu’adulte de sortir de sa zone de confort, voire de se tromper.

Accepter aussi d’avoir préparé (parfois longuement) une activité qui n’aura finalement pas lieu, remplacée au pied levé par le jeu de ballon que tout le monde réclame. Permettre aux enfants de s’extasier une heure devant une colonne de fourmis ou un hérisson, plutôt que de faire la balade sur le sentier qu’on a pourtant balisé la veille. Renoncer, postposer, mettre de côté ses propres envies, s’essayer à la nouveauté, anticiper sans imposer… ce n’est pas rien et ce n’est pas facile.
 
C’est tout cela le rôle de l’animateur et de l’animatrice. Un rôle essentiel, qui va bien au-delà du simple fait de proposer des activités. « Un vrai bonheur ! » disions-nous ? Y a-t-il de plus grand bonheur que de faire celui des enfants ?


Pour plus d’informations, animation cemea.be ou atl cemea.be